Sécurité privée : ce qui change à la rentrée 2026
Inspection visuelle des véhicules, caméras individuelles à l'essai, nouvelle qualification pour les grands événements : le CNAPS vient de faire le point sur les textes de l'été. Voici ce qu'il faut en retenir quand on confie la sécurité de son site à des agents.

Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), qui contrôle notre profession, a publié le 16 septembre 2026 un point d'étape sur les textes adoptés ces derniers mois. Plusieurs touchent à ce que les agents peuvent faire, ou ne peuvent pas encore faire, sur le site d'un client. Nous l'avons lu pour vous.
En bref
- Les agents de sécurité privée peuvent désormais procéder à l'inspection visuelle des véhicules et de leurs coffres.
- Les caméras individuelles ne changent rien sur le terrain : l'expérimentation de trois ans attend son décret.
- La carte « surveillance de grands événements » est pérennisée pour les manifestations de plus de 300 personnes.
L'inspection visuelle des véhicules et des coffres
Deux lois de 2026 (celle du 20 mars et celle du 18 août, dite « Ripost ») permettent désormais aux agents de sécurité privée de procéder à l'inspection visuelle des véhicules et de leurs coffres. Pour un site industriel, une plateforme logistique ou un parking d'événement, c'est un outil de plus au poste de garde — dans le cadre fixé par la loi et par les consignes du site.
La question se pose surtout là où circulent des véhicules qui ne sont pas les vôtres : livraisons, prestataires, enlèvements de marchandises. Un poste de garde qui contrôle les identités mais jamais ce qui sort dans un coffre laisse une zone d'ombre.
Le CNAPS ne détaille pas, sur cette page, les conditions dans lesquelles cette inspection s'exerce. Nous restons donc mesurés : une prérogative nouvelle n'entre dans les consignes d'un site qu'une fois ces conditions connues, écrites et expliquées aux agents. C'est aussi ce qui protège l'agent le jour où quelqu'un conteste.

Les caméras individuelles, à l'essai
La même loi ouvre une expérimentation de trois ans : les agents pourront enregistrer leurs interventions lors d'incidents ou de comportements suspects. Rien ne change encore sur le terrain : les activités concernées et les modalités doivent être précisées par décret, et l'expérimentation ne commencera qu'à son entrée en vigueur.
Le principe se comprend : un enregistrement apaise souvent une situation tendue et sert de référence quand les versions divergent. Mais il crée des obligations envers les personnes filmées. Si l'on vous propose ces caméras dès aujourd'hui, demandez sur quel texte la prestation s'appuie.
Une qualification pour les grands événements
Un décret du 27 juillet 2026 pérennise la carte professionnelle « surveillance de grands événements », née pour la Coupe du monde de rugby et les Jeux de Paris. Elle concerne les manifestations de plus de 300 personnes. Nous y consacrons un article à part.
Agents cynophiles, drones : la suite
La loi autorise le cumul de l'activité cynophile avec la surveillance armée, sous réserve des conditions propres à chacune. Une autre loi du mois d'août prévoit que des agents pourront, demain, neutraliser des drones — un décret doit encore en fixer la formation et le contrôle.
Ces deux sujets supposent une formation dédiée et un contrôle renforcé. Pour un exploitant, la bonne question n'est pas de savoir si son prestataire sait tout faire, mais quel risque il cherche à couvrir. Une équipe cynophile prend tout son sens sur de grandes surfaces et de nuit, où l'odorat et la présence du chien complètent ce que voit un agent seul ; sur un plateau de bureaux, elle n'apporterait rien — voir nos binômes maître-chien.
Ce que nous en retenons
- Les consignes de site font foi. Une nouvelle prérogative ne s'applique chez vous que si elle est écrite dans vos consignes, expliquée aux agents et proportionnée au risque.
- La formation passe avant l'usage. Chez Sérénité 24H24, un agent n'exerce une mission que s'il y a été formé ; c'est le cœur de nos engagements.
- Nous attendons les décrets avant de proposer ce qui en dépend — caméras individuelles comprises.
Trois erreurs fréquentes
- Reprendre les consignes d'un autre site. Deux sites n'ont ni les mêmes flux, ni les mêmes horaires ; une consigne empruntée est une consigne que personne n'applique.
- Confondre la loi et le contrat. Ce que la loi autorise ne devient une mission que si votre cahier des charges le prévoit et si l'agent a été formé pour.
- Laisser vieillir le document. Des consignes écrites il y a cinq ans ignorent les textes de cette année.
Ce qu'il faut préparer avant de nous appeler
Pour qu'un premier échange soit utile : le plan du site et de ses accès, les horaires réels d'activité (livraisons de nuit et week-ends compris), les incidents des douze derniers mois, vos consignes actuelles, et le nom de la personne qui décide en cas d'incident.
Questions fréquentes
Faut-il modifier notre contrat pour que les agents inspectent les véhicules ?
Ce n'est pas le contrat seul qui décide : ce sont les consignes du site, annexées au contrat, qui disent ce que fait l'agent, où et dans quelles limites. Si vous souhaitez ajouter ce point, nous relisons ces consignes avec vous avant toute mise en œuvre.
Nos agents vont-ils porter une caméra individuelle ?
Pas aujourd'hui. L'expérimentation ouverte par la loi doit être précisée par décret et ne commencera qu'à son entrée en vigueur. Nous ne le proposerons que lorsque les activités concernées et les modalités seront publiées.
Comment savoir si un agent a le droit d'exercer chez nous ?
Chaque agent détient une carte professionnelle délivrée par le CNAPS, et son employeur en vérifie la validité. Ces règles changent au 1er octobre 2026 : nous les détaillons dans un article dédié.
Vous souhaitez revoir les consignes de votre poste de garde à la lumière de ces textes ? Parlons-en, ou découvrez notre sécurité humaine et incendie.